Chômeurs : Attal veut leur faire les poches27/03/20242024Journal/medias/journalnumero/images/2024/03/une_2904.jpg.445x577_q85_box-0%2C132%2C1383%2C1926_crop_detail.jpg

Leur société

Chômeurs : Attal veut leur faire les poches

Le Premier ministre devait exposer, le 27 mars, au cours d’un goûter avec ses ministres d’abord, au 20 heures de TF1 ensuite, ses nouveaux projets d’économies aux dépens des chômeurs.

Avant même que le détail en soit connu, les orientations de Le Maire et Attal ont largement été évoquées, et annoncent la poursuite des attaques contre les travailleurs sans emploi, en les amplifiant encore. Après les réformes de 2019 et de 2023, qui ont appauvri les plus précaires, Macron et ses ministres considèrent froidement qu’il y a encore des économies à faire en les appauvrissant de nouveau !

La dernière attaque, celle de 2023, pas encore appliquée, a consisté à priver les chômeurs en fin de droits de l’ASS, l’allocation spécifique de solidarité, pour la remplacer par le RSA, ce qui n’est pas équivalent. Non seulement l’ASS est compatible avec d’autres allocations comme l’aide au logement, mais elle ouvre des droits à la retraite, en trimestres et en points, ainsi qu’à la retraite complémentaire. Ce n’est pas le cas du RSA. Cette réforme conduira à un appauvrissement délibéré et programmé de ces travailleurs âgés, dans l’incapacité de retrouver un emploi, et qui se trouveront, une fois à la retraite, à toucher au mieux le minimum vieillesse, ce qui signifie la misère jusqu’à la fin de leurs jours.

Les pistes évoquées aujourd’hui sont du même ordre : réduire la durée d’indemnisation, en particulier celle des chômeurs de plus de 55 ans qui seraient, à en croire Le Maire, injustement favorisés par rapport à leurs collègues plus jeunes, et réduire le montant de l’allocation d’une façon ou d’une autre. Ainsi 800 000 chômeurs de plus de 50 ans pourraient être touchés. Cinq millions d’autres chômeurs, de leur côté, sont déjà ponctionnés lourdement depuis que le gouvernement a instauré une durée d’indemnisation variable en fonction du taux de chômage.

Les prétextes invoqués à Matignon et à Bercy ne manquent pas : la dette publique, la menace sur la notation de la France, le plan de rigueur à rebondissements… L’approche des élections aiguise de surcroît les motivations de Macron et de sa bande, qui cherchent à rivaliser avec l’extrême droite et les LR, en s’attaquant aux travailleurs les plus fragiles, en entretenant les préjugés les plus éculés sur les chômeurs qui seraient des assistés et autres bêtises à relents anti-ouvriers. Pourtant, le but réel de ces manœuvres est toujours dans la même optique invariante : pressurer la classe travailleuse, active, sans emploi ou retraitée, pour gonfler les coffres du grand patronat et de la finance.

Partager