Renault : le patron fait sa liste au père Noël27/03/20242024Journal/medias/journalnumero/images/2024/03/une_2904.jpg.445x577_q85_box-0%2C132%2C1383%2C1926_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

Renault : le patron fait sa liste au père Noël

Le 19 mars, le DG du groupe Renault, Luca de Meo, publiait une Lettre à l’Europe, destinée aux dirigeants actuels et futurs de l’Union européenne, à l’approche des élections de juin prochain.

Car les patrons, s’ils interdisent aux travailleurs de faire de la politique dans l’entreprise, ne s’en privent pas eux-mêmes. De Meo ne parle pas qu’en son nom, puisqu’il préside l’association des grands patrons de l’automobile européens (ACEA). Sa lettre indique aux candidats quelle serait la « bonne politique » face aux « défis » du passage à l’électrique. En effet, il est bien placé pour savoir que les capitalistes n’ont rien su préparer : ressources, énergies, recherche technologique, marchés, peu de choses ont été anticipées. Et c’est profondément lié à leur parasitisme. De Meo reconnaît que les capitalistes chinois ont une bonne longueur d’avance dans le domaine de la voiture électrique, en termes d’avancées technologiques et de volumes de ventes. Il en appelle alors à l’Union européenne pour défendre les intérêts des groupes européens comme Stellantis, Volkswagen, etc., en commençant évidemment par Renault.

Les gouvernements n’ont pas attendu pour arroser ces groupes, mais de Meo en veut plus. Il prend en exemple la centaine de milliards de dollars du gouvernement chinois, et les près de quatre cents milliards de l’Inflation Reduction Act (IRA) du gouvernement américain. Le patron de Renault retient aussi l’idée des zones spéciales chinoises, renommées par lui « zones économiques vertes », des zones où tout ce qui peut être détaxé, défiscalisé, exonéré de charges, le serait, dividendes inclus.

Le constat est aussi fait que seul l’État chinois a réellement mis en œuvre un plan pour développer son secteur électrique, et l’auteur aimerait un plan, une coordination, des standards communs. Mais comme tout capitaliste, il proteste contre l’« empilement des normes » et les « coûts salariaux, 40 % plus élevés en Europe qu’en Chine ».

Non content de demander de l’argent, un plan et des lois adaptées, de Meo voudrait aussi un « marché plus grand » pour vendre ses voitures électriques, et suggère de « n’autoriser que les petites voitures et les petits vans électriques ou roulant à l’hydrogène, ainsi que les voitures bénéficiant des homologations les plus récentes, à entrer sans payer dans les villes ». Ces voitures seraient produites par... Renault.

Stellantis a trouvé une autre voie pour défendre ses profits. Tout en menaçant les travailleurs du groupe de la concurrence des ouvriers chinois, son PDG, Tavarès, a investi 1,6 milliard de dollars pour acquérir 21 % d’une entreprise chinoise de voitures électriques, Leapmotor. Grâce à cela, Stellantis obtient les droits exclusifs pour fabriquer, exporter et vendre ces voitures chinoises hors de Chine.

Pour les patrons de l’automobile, écologie, économie « verte », Europe, patriotisme ne sont que des grands mots mis en avant pour accroître leurs parts de marché et défendre le taux de profit.

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